L’Histoire

Pour bien comprendre l’intérêt et la spécificité de l’Apparté. Il est nécessaire de resituer son champ d’intervention et de repréciser les réflexions et constats à l’origine de sa création.

Le plan « pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques (2007-2011) » a  prévu le doublement des places d ‘Appartements de Coordination Thérapeutique en France entre 2007 et 2011 (passant ainsi de 900 à 1800). La plupart de ces places sont créées, mais les constats des associations et des pouvoirs publics concernant les publics sortant de prison montraient que, pour ces personnes, alors que leur état de santé ou leurs pathologies le justifiaient pleinement, les accès aux ACT à leur sortie étaient extrêmement difficiles. Nous pourrions parler de stigmatisation, de réserve des équipes, de refus poli, mais systématique de ces personnes.

Or, d’autres  études (Prévacar 2011) montraient que la prévalence des pathologies infectieuses (VIH et VHC) étaient plus importantes en prison qu’à l’extérieur, que les pathologies chroniques et évolutives y étaient aussi présentes que dehors. Mais que la situation particulière due à l’incarcération rendaient les soins plus problématiques.

Entendons nous bien : les personnes sont soignées à l’intérieur (et la création des UCSA et des UHSI y  a largement contribué), le problème se situe au moment de la sortie.

Certains traitements sont brutalement interrompus faute de suivi médical ou social possible. Les situations des personnes à la sortie sont parfois tellement délicates que les soins ne sont pas poursuivis, les droits pas ouverts, se soigner n’étant plus une priorité.
Pire : certains traitements longs et couteux ne sont pas commencés en prison faute de l’assurance qu’ils pourront être correctement poursuivis par la suite.
Enfin, certains détenus en fin de vie mourront en prison, faute d’une situation permettant leur accueil dehors, alors que des « suspensions de peines » auraient pu leur permettre de mourir plus dignement à l’extérieur.

Il fallait donc avoir le courage d’affirmer que, encore une fois, cette population était laissée pour compte et créer des dispositifs spécifiques là où le droit commun avait montré ses limites de capacité d’accueil. Ce qui a été fait par deux plans de créations spécifiques de places en 2010 et 2011 (60 places au total en France).

Notre association a souhaité gérer  5 places spécifiques créées dans la région Nord (région pénitentiaire englobant le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la Haute-Normandie) en 2011 en les associant à 5 autres places d’accueil généraliste, pour mettre fin à la stigmatisation ambiante, détestable et contre-productive.

Ces dix places  ont été confiées à l’ADNSMP et ont pris comme nom de service l’Apparté.

En 2016, notre dispositif s’est étendu avec 4 nouvelles places, dont deux spécifiques pour les publics sortant de prison, et permettant aussi d’accueillir des personnes en fin de vie nécessitant des  soins palliatifs.

 

Présentation de l’ADNSMP, association gestionnaire de l’APPARTE